Salaire ou dividendes : quelles stratégies de rémunération pour propriétaires d’entreprises incorporées?

Introduction : un dilemme fréquent chez les entrepreneurs

Quand on détient une société par actions au Québec, une question revient constamment : dois-je me verser un salaire ou des dividendes?
Le choix a des conséquences fiscales importantes : il influence l’impôt de la société, l’impôt personnel, les cotisations sociales, les droits REER et même votre capacité d’emprunt.

Voyons concrètement comment comparer les options.


Le salaire : réduire l’impôt corporatif et cotiser à la RRQ

Fonctionnement

  • Le salaire est une dépense déductible pour la société.

  • Il réduit le revenu imposable de la société.

  • Le propriétaire paie l’impôt personnel et les cotisations sociales (RRQ, RQAP, AE).

Exemple chiffré
Une société québécoise gagne 100 000 $ de bénéfices avant rémunération.

➡️ Scénario salaire

  • Salaire versé : 100 000 $.

  • Impôt société : 0 $ (car le revenu imposable est réduit à 0).

  • Impôt personnel approximatif (Québec + fédéral, après crédits) : ≈ 27 000 $.

  • Cotisations sociales (RRQ, RQAP, FNACC) : ≈ 5 500 $.

👉 Résultat net dans les poches du propriétaire : ≈ 67 500 $.

Points clés

  • Permet d’accumuler des droits REER (18 % du salaire, max. 31 560 $ en 2024).

  • Cotisations au RRQ → pension future.

  • Peut faciliter l’accès au crédit hypothécaire (les banques préfèrent le revenu de salaire).


Les dividendes : flexibilité et impôt intégré

Fonctionnement

  • Les dividendes proviennent des profits après impôt corporatif.

  • Non déductibles pour la société.

  • Imposés personnellement, mais avec un crédit d’impôt pour dividendes.

Exemple chiffré

Même société : 100 000 $ de bénéfices.

➡️ Scénario dividendes

  • Impôt société (taux PME ≈ 12 % sur les premiers 500 000 $) : 12 000 $.

  • Montant disponible en dividendes : 88 000 $.

  • Impôt personnel sur dividendes (taux effectif ≈ 22 % sur ce revenu) : ≈ 19 000 $.

👉 Résultat net dans les poches du propriétaire : ≈ 69 000 $.

Points clés

  • L’impôt combiné société + personnel est conçu pour être proche de celui du salaire.

  • Pas de cotisations sociales (RRQ, RQAP, AE).

  • Pas de droits REER → moins de marge de manœuvre pour la retraite.


Comparaison côte à côte


La stratégie hybride : l’option la plus utilisée

Dans la pratique, la plupart des entrepreneurs choisissent un mélange de salaire et de dividendes.

💡 Exemple hybride :
Une société dégage 100 000 $ de bénéfices.

  • Salaire versé : 50 000 $.

    • Société conserve 50 000 $ imposables → impôt société ≈ 6 000 $.

    • Impôt personnel sur salaire ≈ 11 500 $.

    • Cotisations sociales ≈ 2 750 $.

  • Dividendes versés : 44 000 $ (après impôt société).

    • Impôt personnel sur dividendes ≈ 9 500 $.

👉 Résultat net combiné : ≈ 70 250 $.

➡️ Cet équilibre permet :

  • D’accumuler des droits REER grâce au salaire.

  • De réduire les charges sociales en utilisant aussi des dividendes.

  • D’optimiser l’impôt combiné société + particulier.


Autres éléments à considérer

  • Planification retraite : le salaire crée une rente via le RRQ, les dividendes non.

  • Financement bancaire : les institutions considèrent davantage le salaire que les dividendes.

  • Programmes gouvernementaux : certaines prestations (RQAP, AE, Subventions salariales) sont accessibles seulement via le salaire.

  • Stabilité fiscale : les règles changent régulièrement (ex. : réforme fédérale de 2018 sur la répartition des dividendes et revenu passif des sociétés).


Conclusion : choisir selon vos objectifs

Il n’y a pas de solution universelle.

  • Salaire seul : idéal pour maximiser les cotisations sociales et REER.

  • Dividendes seuls : avantageux à court terme, mais moins de filet de sécurité retraite.

  • Hybride : généralement le meilleur compromis.

👉 Chez Canopée CPA inc., à l’aide de nos collaborateurs fiscalistes et planificateurs financiers, nous bâtissons des stratégies de rémunération adaptées à vos besoins fiscaux et financiers. Contactez-nous pour une analyse personnalisée.


FAQ – Questions fréquentes

  • À revenu égal, la différence est souvent minime après impôt. Le choix dépend plutôt de vos besoins en retraite, REER et prestations sociales.

  • Oui, mais vous perdrez vos droits à la RRQ et REER. À long terme, cela peut réduire considérablement vos revenus à la retraite.

  • Oui. Beaucoup d’entrepreneurs ajustent le mélange salaire/dividendes selon leurs revenus annuels et besoins fiscaux.

  • Certaines oui, mais la majorité privilégient les revenus de salaire pour l’analyse de crédit.

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